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Le mouvement des gilets jaunes est l’expression des invisibles qui enfin deviennent visibles, de nos concitoyens les plus broyés par les ravages d’un capitalisme sans limite …..

Nous partageons leur constat : un écart toujours plus criant entre une élite qui s’accapare le pouvoir et des classes sociales toujours plus délaissées auxquelles cette même élite ne s’adresse qu’à la veille des élections pour lui expliquer la manière dont elle doit penser et voter !.

De ce mépris de classe, résultent, notamment accaparement de la prise de décision par un petit nombre et pauvreté pour le plus grand nombre, raréfaction de l’emploi, abandon des services publics en zones péri-urbaines et rurales, diminution des prestations sociales et de leurs financement collectif…

Dans ce réveil salutaire de la conscience de classe, les revendications des femmes s’avèrent décisives dans le déploiement du mouvement.

Les horaires atypiques qui érodent les volontés de travailler les plus farouches, la précarité, les fins de mois difficiles, les temps partiels, les horaires atypiques, les inégalités salariales, les violences : elles connaissent ! L'égalité salariale est une mesure impérative ; la lutte contre les temps partiels imposés est une exigence car ils privent les femmes de l'autonomie financière dont elles ont besoin.

Nos propositions rejoignent les revendications des gilets jaunes sur :

  • les cotisations salariales et assurance maladie : la nécessaire hausse des salaires ; le refus des retraites à points et des assurances privées qui vont creuser les inégalités ;
  • l'injustice sociale et fiscale : le rétablissement de l'ISF, les moyens d'une réelle lutte contre la fraude fiscale, la baisse de la TVA sur les produits de première nécessité (pourquoi pas un taux zéro, compensé par un taux alourdi sur les produits de luxe) ;
  • le Contrat à Durée Indéterminée devrait être la norme, pour les femmes comme pour les hommes. Une pension minimum égale au Smic mensuel pour toutes et tous est indispensable ;
  • la transition écologique : elle permettra la création d'emplois induits (énergies renouvelables, isolation, etc...), la taxation des produits pétroliers modulée suivant le lieu de consommation, taxer les gros pollueurs. La transition écologique sera sociale ou n’existera pas !
  • la Démocratie: la mise en place du Référendum d’Initiative Citoyenne après un temps suffisant d'information et de débats, le Sénat qui doit représenter le local (1/3 communes, 1/3 départements, 1/3 régions) ;
  • la défense des services publics (de santé,  d’éducation, de transports, culturels et sportifs,...) qui doivent relever du domaine public ;
  • l’obligation des transnationales à respecter les règlementations nationales.

La concrétisation de telles mesures nécessite de nouvelles institutions et un message très clair  vis-à-vis de l’Union européenne qui surdétermine tous les funestes choix de ces dernières décennies. L’Europe qui se construit au profit des oligarchies et contre les peuples n’est pas la nôtre. Souveraineté populaire et nationale sont étroitement mêlées. Les marchés n’ont pas à décider de nos vies !

Les mesurettes économiques annoncées par ce gouvernement ne répondent en rien aux attentes de changement. Elles portent le sceau d’un libéralisme économique assumé et d’un conservatisme dans l’exercice du pouvoir, maintenant bien visible. Dans les médias le pouvoir jette de la poudre aux yeux ; dans les cortèges, des grenades aveuglantes : 

  • le "Grand Débat" n’est qu'une gigantesque supercherie, un moment de "concertation" ponctuel qui ne répond en rien à la nécessité de plus d’horizontalité dans toutes les strates institutionnelles et décisionnaires ;
  • les mesures fiscales (heures sup et primes exonérées de cotisations sociales) s’apparentent à de la charité alors qu’il faudrait davantage de solidarité, comme le retour de l’ISF ou la suppression de la flat-tax et davantage de réflexion pour trouver de nouvelles ressources de financement aux prestations sociales ;
  • la loi scélérate pour « encadrer » les manifestations renforce l’arsenal policier et judiciaire. Elle criminalise la contestation sociale pour mieux la faire taire. Demain peut-être des régimes encore moins enclins à conserver les formes républicaines trouverons ainsi  à leur disposition la palette des lois  propres à museler le peuple ;
  • le caractère vital de la transition écologique exacerbe toujours plus les tensions sociales dès lors que l’oligarchie refuse de résilier ses choix néo -libéraux mortifères. Celle-ci préfère taxer les pauvres plutôt que les actionnaires ! Les difficultés qu'elle rencontre à faire payer ses choix de classe aux dominés n’est pas un problème de « mauvaise communication nécessitant de faire preuve de plus de pédagogie » comme tend à le faire croire l’organisation du « Grand débat national » mais relève simplement de l’exacerbation de la lutte des classes.

Notons à ce propos avec quel zèle les nouveaux élus de l’équipe majoritaire bacotte, bons élèves de la macronie, se sont évertués à ânonner la vulgate libérale lors dudit « Grand débat national ». Une seule réunion ne suffisant d'ailleurs pas pour épuiser les poncifs, trois café-débats seront organisés à Bois le Roi.

Nos affaires politiques locales en effet font hélas écho à ce qui se déroule au niveau national. Sous des prétextes aussi divers que fallacieux, l’équipe municipale a ainsi rejeté nos propositions pour plus de démocratie participative, refusant les conseils de quartier, le conseil des jeunes et le référendum d’initiative locale.

Chacun aura pu voir en outre lors des récents vœux du maire, la quasi-totalité de nos conseillers municipaux bacots, majoritaires et oppositionnels de Droite ensemble réunis sur l’estrade, applaudir à tout rompre les discours démagogiques des députés libéraux ressassant la sempiternelle antienne sur l'impôt  « le taux de prélèvement obligatoire français qui est un des plus élevés d’Europe », sans avoir l’honnêteté de le rapporter aux services rendus !

Comment peut-on amorcer de grands débats dès lors que le cadre de réflexion imposé occulte les sujets structurants ?